Mettre fin à la violence basé sur le genre

Qu’entend-on par violence basée sur le genre ?

Il s’agit de tout acte de violence dirigée à l’encontre d’une personne du fait de son sexe, de tout acte perpétré contre la volonté d’un être humain sur la base de différences sexuelles. Cette violence comprend les actes qui infligent une souffrance, une contrainte et des privations de liberté.
Les violences basées sur le genre ciblent à la fois les hommes, les femmes, les jeunes garçons et les jeunes filles. Cependant, les femmes et les jeunes filles sont les plus visées, du fait de leur vulnérabilité.

Qu’est-ce que la violence à l’égard de la femme ?

Il s’agit de tout acte perpétré contre les femmes et les filles, du simple fait qu’elles sont de sexe féminin.

Qu’est-ce que les violences faites aux femmes ?

Par ce vocable, on entend tout acte, toute attitude, tout état de fait causant ou pouvant causer aux êtres humains de sexe féminin, des souffrances physiques ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, qu’ils aient lieu dans la sphère publique ou dans la sphère privée.

Quelles sont les formes de violences basées sur le genre ?

Les formes les plus connues de ce fléau concernent :

Les violences physiques

Ce sont celles dont les effets sont souvent visibles sur le corps et qui peuvent entrainer des incapacités diverses et même la mort. Il s’agit de sévices corporels au rang desquels on peut citer bastonnades, gifles coups et blessures, égratignures, amputation d’un membre ou d’un organe, le massage des seins etc.

Les violences morales ou psychologiques

Elles consistent à dévaloriser la femme par des attitudes et propos méprisants et injurieux ayant pour effet de créer chez elle, un sentiment permanent de frustration, de crainte, de perte de confiance en soi etc.

  • La socialisation discriminatoire des enfants sur la base du sexe ;
  • Les propos infâmants et les invectives publiques ;
  • Les répudiations abusives ;
  • L’abandon des femmes et des filles enceintes par les auteurs de leur grossesse
  • L’instrumentalisation des femmes et des filles par les artistes musiciens et les médias ;
  • Le refus des rapports sexuels ;
  • La privation d’aliment;
  • L’intimidation et les menaces.

Les violences sexuelles

Les violences sexuelles sont un ensemble d’actes et comportements qui amènent la femme à subir des relations sexuelles contre sa volonté. Il s’agit de tout acte sexuel, tentative d’obtenir des faveurs sexuelles, commentaires ou avances sexuels non désirés, ou actes de trafic de la sexualité d’une personne, utilisant la coercition, la menace de sévices ou de recours à la force physique, par toute personne, quelle que soit sa relation avec la victime. On peut citer :

  • Le viol ;
  • L’inceste ;
  • La pédophilie ;
  • Les agressions sexuelles ;
  • Le harcèlement sexuel ;
  • Les relations sexuelles trop fréquentes, déshumanisantes ou épousant
    les allures d’un règlement de compte ;
  • La transmission volontaire des IST/VIH SIDA ;
  • Le proxénétisme etc.

Les violences liées à certaines pratiques culturelles
Ce sont des violences liées à des pratiques coutumières ou religieuses :

  • Les mutilations génitales féminines encore appelées excision ;
  • L’exigence abusive de la dot favorisant le concubinage et sa cohorte de problèmes ;
  • Les mariages précoces ou forcés ;
  • Le lévirat ;
  • Les rites de veuvage dégradants ;
  • La polygamie.

Les violences économiques

  • Ce sont un ensemble des faits et comportements qui empêchent l’épanouissement
    économique de la femme parmi lesquels on peut citer :
  • L’interdiction d’exercer une profession ou une activité économique ;
  • Une division sexuelle du travail domestique pénalisant les filles ;
  • Des maternités accablantes et non négociées ;
  • La confiscation des revenus des femmes par le mari ou la belle-famille ;
  • L’exploitation du travail des jeunes filles dans les ménages ;
  • La prostitution forcée ;
  • Les enlèvements criminels ;
    etc.

Quelques chiffres sur les violences basées sur le genre

Les données de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples, réalisée par l’Institut National de la Statistique en 2011 révèlent que :

  • 55% de femmes subissent des violences physiques dans notre pays dès l’âge de 15 ans ;
  • 20% ont des rapports sexuels forcés ;
  • 30% sont victimes d’agressions sexuelles dès l’âge de 13 ans ;
  • Dans l’ensemble, 64% des femmes âgées de 15 à 49 ans essuient des violences sexuelles ;
  • Les femmes enceintes ne sont pas épargnées. En effet, 34% d’entre elles subissent diverses formes d’agression ;
  • Parmi les femmes qui ont déjà été en union, 60% sont victimes de violence physique, sexuelle ou émotionnelle de la part de leur mari actuel ou le plus récent ;
  • 43% des victimes présentent des blessures dues à des sévices corporels.

Quelles sont les principales causes des violences basées sur le genre ?

Plusieurs causes justifient les VBG notamment :

Les causes socioculturelles

  • Le poids des cultures et traditions qui consacrent la supériorité de l’homme ;
  • Le faible niveau d’éducation des femmes ;
  • La différence biologique ;
  • Les stéréotypes de genre.

Les causes économiques

  • L’insuffisance des moyens pour subvenir aux besoins de la famille ;
  • La dépendance économique de la femme à l’égard de l’homme ;
  • La réussite économique de la femme interprétée par l’homme comme motif de non soumission et de non respect ;
  • L’accès limité des femmes aux ressources.

Les causes institutionnelles

  • Application insuffisante des textes juridiques et des décisions judiciaires ;
  • Insuffisance du cadre légal caractérisé par l’incompatibilité avec les instruments internationaux ratifies existence de vides juridiques et de dispositions discriminatoires dans certains textes ;
  • Insuffisance des ressources allouées à la promotion et protection des droits de la femme ;
  • Faible vulgarisation des instruments juridiques de promotion de la femme ;
  • Insuffisance des ressources de prise en charge des victimes ;
  • Faible harmonisation des interventions par les institutions chargées de protéger, l’intégrité des personnes (forces de maintien de l’ordre, magistrats services sociaux, les officiers de police judiciaire).

Quelles peuvent être les conséquences des violences basées sur le genre ?

Les conséquences sur la victime :
Quelles peuvent être les conséquences des violences basées sur le genre ?
Les conséquences sur la victime :

  • Blessures corporelles ;
  • Infirmités diverses (perte d’un œil, d’une oreille, de dents, d’un membre etc.) ;
  • Transmission de maladies (IST, VIH et SIDA) ;
  • Grossesses précoces ou avec complications, grossesses non désirées ;
  • Déperditions scolaires
  • Traumatismes, dépression, anxiété, agressivité ;
  • Consommation d’alcool et e drogue ;
  • Pratiques occultes, pratiques religieuses excessives ;
  • Perte de confiance en soi et de l’estime de soi.

Les conséquences sur  la famille :

  • Mauvais climat familial ;
  • Querelles et bagarres fréquentes ;
  • Instabilité et déstabilisation de la cellule familiale ;
  • Mauvais résultats scolaires des enfants ;
  • Désobéissance des enfants, délinquance ;
  • Troubles psychoaffectifs des enfants.

Quels sont les moyens de lutte contre les violences basées sur le genre ?

Dans cette perspective, le Gouvernement du Cameroun a élaboré un Document de Stratégie de lutte contre les violences faites aux femmes et un Plan d’Action de lutte contre les mutilations génitales féminines. Ce Document de Stratégie  prévoit des axes d’intervention relatifs :

  • A la prise en charge des victimes et des auteurs ;
  • A la recherche-action ;
  • A la prévention ;
  • Au renforcement des capacités.

Le plan d’action opérationnel quant à lui définit la mise en œuvre des orientations stratégiques relatives :

  • Aux études et recherche ;
  • Au renforcement des capacités ;
  • A la prévention ;
  • A la protection et à la prise en charge ;
  • Au développement des partenariats.

Le Gouvernement du Cameroun s’est engagé à tout mettre en œuvre en vue de faire cesser toutes ces formes de violences qui prennent à contre-pied l’obligation de respect du caractère sacré de la personne humaine, inscrite dans notre Loi fondamentale et dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Une approche multisectorielle est mise en place pour juguler ce phénomène qui a des conséquences néfastes sur le bien-être des femmes, des familles et de la communauté toute entière.

  • Information, éducation, sensibilisation des familles et des communautés pour un changement de comportements et de mentalités ;
  • Dénonciation des cas de violences basées sur le genre (briser le silence);
  • Répression des cas de violences signalées ;
  • Dialogue au sein des familles ;
  • Prise de mesures visant à réduire la vulnérabilité de la femme et de la jeune fille ;
  • Promouvoir les bonnes pratiques en matière de veuvage, de succession, et autres traditions néfastes a l’égard de la femme et de la jeune fille ;
  • Recours aux autorités et tribunaux compétents en cas de violences basées sur le genre.

Que peuvent les individus contribuer dans la lutte contre les violences basées sur le genre ?

Le parents peuvent :

  • Respecter les droits et obligations des conjoints ;
  • Respecter les droits de l’enfant ;
  • Accorder une même importance à l’éducation des filles et des garçons ;
  • Répartir équitablement les tâches domestiques sans se fonder sur le sexe ;
  • Utiliser un langage non violent et non stéréotypé au sein de la famille ;
  • S’opposer aux mariages précoces et forces ;
  • Tenir compte de l’avis des enfants dans la prise des décisions les concernant
  • Réserver des espaces de dialogue au sein de la famille.

Les enfants peuvent :

  • Respecter les parents et aines, se respecter entre eux ;
  • Accepter d’exécuter les taches familiales sans tenir compte de son sexe ;
  • Dénoncer les actes de violences perpétrés contre eux, viols, inceste bastonnades etc.

Quelles sont les opportunités au niveau communautaire de lutter contre les violences basées sur le genre ?

Les autorités religieuses peuvent :

  • Sensibiliser les fidèles sur les droits humains, l’égalité et l’équité entre les sexes ;
  • Lutter contre les discriminations et les violences basées sur le genre ;
  • Autorités traditionnelles ;
  • Œuvrer pour l’élimination des coutumes et pratiques traditionnelles néfastes, à l’épanouissement de la femme et de la jeune fille ;
  • Encourager la valorisation de l’image de la femme ;
  • Encourager la participation des femmes à la prise de décision dans la communauté.

Les écoles peuvent :

  • Encourager l’élimination des stéréotypes dans les manuels scolaires ;
  • Prendre en compte les besoins spécifiques des filles ;
  • Promouvoir les bonnes pratiques au sein des milieux éducatifs ;
  • Permettre aux filles de rester le plus longtemps possible à l’école ;
  • Dénoncer le harcèlement sexuel en milieu scolaire.

Medias communautaires peuvent :

  • Amener les communautés à respecter les droits de la femme et de la jeune fille ;
  • S’impliquer dans les activités de sensibilisation en matière d’égalité et d’équité entre les sexes ;
  • Dénoncer les pratiques traditionnelles néfastes à l’égard des femmes et des jeunes filles ;
  • Vulgariser les instruments juridiques relatifs à la promotion de la femme et de la jeune fille ;
  • Produire les émissions de sensibilisation des communautés sur les questions de violences basées sur le genre et d’égalité de genre ;
  • Dénoncer les cas de violences basées sur le genre.

Sources :
Site : www.unwomen.org/fr
MINPROFF/UNFPA :

Guide d’animation du relais communautaires en matière de promotion du Genre ;
Guide de prise en charge intégrée des violences basées sur le genre.