Planning familial

Le planning familial ou planification familiale (PF) est l’ensemble des méthodes qui permet aux individus et aux couples de réguler le nombre de naissances et d’avoir le nombre d’enfants désiré.
Il permet aux populations d’atteindre le nombre souhaité d’enfants et de déterminer quel sera l’espacement des naissances, soit en utilisant des méthodes contraceptives, soit en traitant l’infécondité.

Avantages du planning familiale

Le planning familial présente des avantages pour la femme, le bébé, le couple voire la société. Ces avantages peuvent être médicaux pour la femme et le bébé, ou non médicaux pour tous. Pour la femme et parmi les avantages médicaux, le planning familial aide à protéger contre le risque de grossesse, contre certaines maladies comme les cancers (utérus, ovaires), les kystes, l’anémie. Certaines méthodes diminuent les crampes menstruelles, et les problèmes de saignement menstruels. Il permet également une bonne récupération du corps de la femme après l’accouchement. Pour le bébé, les avantages médicaux sont une bonne croissance staturo-pondérale, le renforcement de la protection contre certaines maladies notamment avec la MAMA. La mortalité maternelle chuterait de plus de 20% et spécialement celles liées au VIH-SIDA, aux grossesses non désirées et les avortements, et les naissances non planifiées et avortements à risque de 75%.

Les avantages non médicaux sont notamment le renforcement du lien psycho-affectif entre la maman et le bébé, un meilleur suivi de l’enfant, l’amélioration du statut socio-économique de la femme, de la famille et de la société.

La maitrise de la fécondité présente des avantages sur l’ensemble des secteurs de développement socio-économique (Santé, Éducation, Economie, Urbanisation, etc.). Grâce à une pression démographique moins pesante, on peut en particulier noter une meilleure santé, une meilleure éducation, une meilleure économie.

Classification des méthodes contraceptives et mécanisme d’action

Les méthodes contraceptives sont classées en méthodes naturelles et en méthodes modernes. Les méthodes naturelles ne font pas intervenir des éléments artificiels. Elles sont basées sur la bonne maitrise du cycle menstruel et sur l’abstinence. Parmi elles, on peut citer « la Méthode de l’Allaitement Maternel et Aménorrhée», (MAMA), méthode des températures et de la surveillance de la glaire cervicale, le coït interrompu.

Les méthodes modernes font recours à l’utilisation d’éléments externes au corps humain. Parmi elles, on distingue les méthodes de courte durée qui assurent la protection de la femme de quelques minutes à deux mois, et les méthodes de longue durée qui assurent une protection de plus de deux mois à la femme. Ces méthodes modernes peuvent être une barrière, de nature hormonale, ou chirurgicale.

Les méthodes barrières, empêchent le contact entre les secrétions génitales de l’homme et celles de la femme. En principe, elles doivent être renouvelées à chaque rapport sexuel. On peut y citer les préservatifs féminins ou masculins et le diaphragme.

Les méthodes hormonales utilisent des hormones pour empêcher que la femme ne tombe enceinte. Ces hormones bloquent pendant la durée où elles sont prises, la libération de la cellule sexuelle féminine ou ovule. Et à l’arrêt de leur prise, la femme peut tomber enceinte si les conditions sont favorables. Parmi les méthodes hormonales, on peut citer la pilule, les injectables, les implants, le DIU ou stérilet. On peut également citer ici les spermicides qui sont des comprimés ou une pommade qu’on introduit dans le sexe de la femme avant le rapport sexuel pour détruire les cellules sexuelles de l’homme ou spermatozoïdes.

Les méthodes chirurgicales font intervenir une opération chirurgicale qui peut avoir lieu chez l’homme ou chez la femme. Ce sont des méthodes de contraception définitive, c‘est à dire que, lorsqu’on l’a choisi, l’homme ou la femme concerné ne peut plus procréer. Si l’opération a lieu chez l’homme on parle de « Vasectomie » qui consiste à ligaturer le canal spermatique qui permet le passage des spermatozoïdes de leur lieu de production vers l’extérieur. Si l’opération a lieu chez la femme, on parle de « Ligature des trompes » qui consiste à ligaturer le canal qui permet le passage de l’ovule puis de l’œuf fécondé vers l’utérus de la femme.

Effets sécondaires/inconvinients des méthodes contraceptives

De manière générale, les effets indésirables des différentes méthodes sont faibles. Néanmoins, certaines utilisateurs signalent les situations suivantes : changement dans les modes de saignement (plus légers et moins de jours de saignement, absence de saignement), maux de tête, étourdissement, nausées, seins endoloris, sautes d’humeur, changement dans le poids, diminution de la libido, des douleurs pelviennes. Rarement on a des caillots de sang dans les jambes ou les poumons, attaque cérébrale, attaque cardiaque. La plupart de ces effets secondaires surviennent avec les méthodes hormonales.

Situation au Cameroun

Au Cameroun, le Planning Familial a été identifié comme intervention prioritaire pour la réduction de la mortalité maternelle. Il englobe :

  • Une méthode et un moyen de réguler les naissances
  • Apprendre à mieux traiter les maladies génitales
  • Mettre à la portée de tous/toutes les méthodes contraceptives pour pouvoir réduire et pourquoi pas éviter la mortalité et la morbidité maternelle, infantile et juvénile, spécialement celles liées au VIH/SIDA, les grossesses non-désirées et les avortements
  • Garantir le bien-être personnel et familial

Pratiquement toutes les méthodes sont disponibles au Cameroun, y compris, l’assistance à la procréation et le traitement de l’infécondité.

L’administration à base communautaire des contraceptifs injectables à progestatifs seuls par des agents de santé convenablement formés à la tâche est mise en œuvre depuis l’année 2016 dans certains districts de santé des régions du Nord et du centre. Cette méthode est sans danger, efficace et acceptable.

Faiblesses de la PF au Cameroun

Néanmoins l’utilisation de la PF reste faible avec de nombreux besoins non satisfaits.

Raisons de faible utilisation de la PF
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la faible utilisation des contraceptifs modernes au Cameroun. On peut retenir pour cause de cette faible utilisation:

Des ruptures des stocks des contraceptifs fréquentes et de longue durée dans certaines localités;
L’accès limité à la contraception, spécialement en milieu jeune où l’on rencontre plus des personnes nantis, vivant en concubinage.

  • L’insuffisance du nombre des prestataires aptes à fournir des méthodes de longue durée d’action
  • L’inaccessibilité financière et/ou géographique des services de PF
  • Le faible niveau d'instruction des femmes
  • Le conjoint non favorable à l’utilisation de la PF
  • L’insuffisance dans la communication entre les conjoints sur la contraception
  • La mauvaise qualité de l’information reçue par rapport aux méthodes contraceptives
  • La crainte d’effets secondaires
  • L’opposition religieuse ou culturelle
  • La qualité déplorable des services concernés
  • Les préjugés établis par les utilisateurs et des fournisseurs.

Raisons des besoins non satisfaits

Au Cameroun les besoins non satisfaits en PF sont estimés à 16,6%. C’est-à-dire des femmes qui souhaitent prévenir une grossesse alors qu’elles-mêmes et leurs partenaires n’utilisent pas de contraception pour diverses raisons. Les raisons de ce besoin non satisfait sont multiples : les services et les produits ne sont pas toujours disponibles ou alors les choix sont limités. La crainte d’une désapprobation sociale ou de l’opposition d’un partenaire érige d’immenses barrières. La crainte d’effets secondaires et les préoccupations pour leur santé retiennent certaines personnes alors que d’autres n’ont pas les connaissances nécessaires sur les options contraceptives et leur mode d’emploi. Tous ces gens ont besoin d’un coup de main.

Conclusion

Presque tout le monde peut utiliser sans risques pratiquement n’importe quelle méthode contraceptive et la fourniture de la plupart des méthodes n’est généralement pas compliquée. Les méthodes de planification familiale peuvent être efficaces si elles sont utilisées correctement. Certaines méthodes, tels que la pilule et le préservatif, nécessitent une action consciencieuse de la part de l’utilisateur pour qu’elle soit la plus efficace possible. Souvent l’aide et le soutien du prestataire peuvent faire toute la différence par exemple s’il discute de certains effets secondaires possibles. D’autres méthodes exigent que le prestataire de soins exécute correctement telle ou telle intervention, par exemple la stérilisation ou la pose du DIU.

Généralement de nouveaux clients viennent consulter les services pensant déjà à une certaine méthode et habituellement c’est le meilleur choix pour eux. Ce sont les préférences et les objectifs de ces clients qui devront régir les décisions en matière de planification familiale. Pour qu’il ou qu’elle puisse trouver une méthode qui lui convient le mieux, le client a besoin d’une solide information et souvent d’une aide pour bien réfléchir à ses choix.

Un grand nombre de clients continus n’ont besoin que de peu de soutien et pour certains c’est un accès facile qui sera l’élément essentiel.


  • Les besoins non satisfaits en PF sont mesurés par la proportion de femmes en âge de procréer qui expriment le souhait d’espacer ou de limiter leurs naissances mais qui n’utilisent aucune méthode de contraception.
  • EDSC-MICS 2011